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Archives de catégorie : Appels à communication

De l’imaginaire aux vestiges

Appel à communications:

De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire (Rome, 25-26/2/2027)

“Vue du théâtre de Bacchus” in James Stuart et Nicholas Revett, The Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn et John Nichols, 1762-1787, Bibliothèque de l’Institut National d’histoire de l’Art, collections Jacques Doucet, Fol Res 639, vol. 2, ch. 3, p. 29.

ERC Advanced Grant AGRELITA. Colloque international coorganisé avec l’École française d’Athènes

De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire : représentations littéraires de la Grèce antique dans sa matérialité (XIVe-XIXe siècle)

Ce colloque se propose d’explorer les représentations des réalités matérielles de la Grèce antique dans les œuvres littéraires écrites entre le XIVe et le XIXe siècle et d’étudier la manière dont les auteurs se sont forgé des images de la Grèce ancienne à partir de sa matérialité telle qu’ils se l’approprient et l’intègrent dans des textes divers. Son objectif est d’analyser comment la matérialité de la Grèce antique (monuments, édifices, ruines, œuvres d’art, objets, vêtements…) a été imaginée ou reproduite, reconstituée, réinterprétée et à nouveau fantasmée, avant et après les découvertes de vestiges matériels lors de voyages, d’explorations et de fouilles archéologiques. Il porte ainsi sur les alternances et surtout les interactions entre d’une part les constructions de l’imaginaire et de la pensée, et de l’autre les vestiges matériels de la Grèce ancienne découverts au fil des siècles, dont les œuvres proposent des reflets littéraires.

Nous envisageons volontairement le corpus des textes littéraires dans son extension la plus large, celle qui prévaut durant la majorité des siècles considérés : romans, poésies, textes historiques, récits de voyage, littérature antiquaire, littérature d’art et d’architecture, traités archéologiques, récits de missions archéologiques, textes didactiques… Il s’agira de croiser les analyses sur des formes d’écriture souvent séparées. L’attention sera portée sur les textes et aussi les images visuelles susceptibles de les accompagner, qui mettent en scène des vestiges matériels associés à la Grèce antique, mais également les pratiques qui leur sont liées (politiques, artistiques, religieuses, funéraires, etc.).

Les réalités matérielles que les auteurs figurent relèvent parfois en effet de la seule création de l’imaginaire. Nous pensons ici particulièrement à des textes du XIVe siècle et du début du XVe siècle, mais pas seulement. Elles sont plus souvent le reflet et la réélaboration de realia grecques ou identifiées comme telles : reproduction, transformation, projection de l’imaginaire et/ou de cadres de pensée se mêlent alors. Les auteurs des textes envisagés ont parfois eu un accès direct aux realia grecques qu’ils représentent – des voyageurs, des antiquaires, des archéologues… – et/ou écrivent à partir de sources médiatrices diverses et de leur propre vision de la Grèce. Leur pensée et leur imaginaire ont pu conditionner la représentation et l’interprétation de cette matérialité découverte directement ou indirectement, jusqu’à la réinventer. Quels éléments de la matérialité de la Grèce ancienne intéressent les auteurs au fil des siècles, avec quels modes de figuration et pour quelles finalités ? Comment s’articulent différentes représentations de la matérialité de la Grèce antique d’une époque à l’autre, à une même époque et parfois dans une même œuvre ? Comment la réception de cette matérialité change-t-elle aussi d’un espace culturel à l’autre ?

De l’engouement pour la Grèce antique qui se développe à partir du XIVe siècle, jusqu’à la naissance de l’archéologie moderne au XIXe siècle, ce sont toutes ces matérialités fantasmées de la Grèce ancienne dans des textes littéraires que ce colloque souhaite explorer. Il a pour dessein de retracer l’évolution du regard que des auteurs très nombreux ont porté sur les vestiges matériels de la Grèce, et celle de leurs représentations, c’est-à-dire de leurs modes d’appropriation. À ce titre, la remise en contexte des ouvrages étudiés nous paraît essentielle pour mieux appréhender les enjeux (esthétiques, politiques, identitaires, etc.) qui sous-tendent ces représentations.

Les propositions sont à adresser (titre et résumé de 200-300 mots, bref cv) avant le 15 mai 2026 à Catherine Gaullier-Bougassas et à Lorène Bellanger aux adresses suivantes :

Les propositions pourront être présentées en français ou en anglais.

Pour assurer une publication avant la fin du projet ERC, nous demandons aux auteurs de nous envoyer leur texte avant le 23 décembre 2026. Des modifications pourront être apportées après le colloque.

Les articles issus des contributions seront publiés chez Brepols dans la collection « Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité » : http://www.brepols.net/Pages/Browse BySeries.aspx?TreeSeries=RRA.

Décrire le monde par les cinq sens

Appel à communication:

Décrire le monde par les cinq sens

Atelier de Médiévales

Paris, BnF, français 2810, f. 23, Funérailles au Tangut

Journée d’études organisée par Nathalie Bouloux (Université de Tours, CESR) et Christine Gadrat-Ouerfelli (LA3M, Université d’Aix-Marseille).

Lieu et date

Tours, 25 novembre 2026.

Thème

Décrire le monde par les cinq sens au Moyen Âge et à la Renaissance

Cet atelier de Médiévales, préparatoire à la publication prochaine d’un dossier dans la revue, propose d’examiner le rôle des cinq sens dans les récits de voyages médiévaux et renaissants, tant du point de vue de l’expérience des voyageurs que de la façon dont ils la retranscrivent pour la partager avec leurs lecteurs.

Argumentaire

Depuis une vingtaine d’années, les études sur les cinq sens au Moyen Âge se sont multipliées, notamment dans les domaines de la littérature, de la liturgie et de l’histoire de l’art1. Souvent mises en relation avec la philosophie naturelle ou la religion chrétienne, peu de ces études s’intéressent aux cinq sens et aux perceptions d’individus placés dans un environnement qui leur est a priori étranger. Comment les auteurs de récits de voyage sollicitent-ils leurs sens pour rendre compte de leur(s) expérience(s) ?

Beaucoup a certes été écrit sur l’importance de la vue dans l’acquisition de connaissances faite par les voyageurs au Moyen Âge et dans la première modernité, en particulier dans le sillage de l’étude d’Andrea Frisch, The Invention of Eyewitness2 , qui reprend des travaux menés antérieurement3, et dans une moindre mesure de l’ouïe, souvent examinée en corollaire du premier sens. Selon la physiologie aristotélicienne, la connaissance du monde est conçue comme médiatisée par nos perceptions. Or la vue et l’ouïe sont considérées comme les sens « supérieurs » et jouent en conséquence un rôle central, tandis que les sens considérés comme « inférieurs » (odorat, toucher et goût) jouent un rôle secondaire. Ils ont par conséquent moins retenu l’attention des chercheurs, et n’ont jamais fait l’objet de relevé ou d’analyse systématique.

Nous souhaitons à l’occasion de cette rencontre à la fois les mettre à l’honneur et orienter notre questionnement sous un angle nouveau, celui de l’univers sensoriel. Quelles sont les odeurs, les parfums, les saveurs que les voyageurs décrivent dans leurs récits ? Comment arrivent-ils à transmettre à leur lectorat le goût et la texture de la mangue ou l’odeur du musc, par exemple ?

Dans ce cadre, les deux autres sens (vue et ouïe) ne doivent cependant pas être exclus, à condition d’être analysés comme outil de perception et d’appréhension sensible du monde. Ainsi, l’ouïe est fréquemment étudiée en tant que ouï-dire pour la collecte d’informations de la part des voyageurs, mais rarement dans sa dimension sensorielle en lien avec les sons entendus (musiques, chants, oiseaux, cris, etc.). Quels paysages sonores les voyageurs nous transmettent-ils4 ?

Les cinq sens participent pleinement de l’expérience religieuse du monde (on peut penser par exemple aux odeurs d’encens, aux chants liturgiques et sacrés, aux reliques touchées). Pour les pèlerins, le voyage est aussi une expérience sensible et religieuse peu commune qu’ils cherchent à faire partager aux lecteurs. Comment le fait de transcrire les sensations perçues lors d’un pèlerinage peut-il participer au partage de l’expérience spirituelle du pèlerin ?

Une place sera aussi accordée aux émotions qui découlent de la perception sensorielle du monde, qu’il s’agisse d’émotions positives (surprise, joie, plaisir) ou négatives (dégoût, répulsion, peur). La façon dont les sens participent à l’apparition de ces émotions, les provoquent, joue également un rôle dans la mémoire mobilisée par le voyageur après son retour pour retracer ses pérégrinations.

La question de la perception par les cinq sens se double de celle de l’expression de cette perception. Quels outils les voyageurs utilisent-ils pour transcrire leurs perceptions à leurs lecteurs ? Comment parviennent-ils à transmettre ce qui relève des sensations personnelles ? On s’interrogera aussi sur la façon dont les images (enluminures, simples dessins, gravures) accompagnant les textes dans les manuscrits ou les premiers imprimés cherchent à rendre cette perception sensible du monde.

La publication des communications de cet Atelier de Médiévales est prévue dans un numéro de la revue Médiévales.

Modalités de participation

Les propositions de communications (un résumé d’environ 500 mots accompagné d’une brève présentation bio-bibliographique) sont à envoyer avant le 31 mai 2026.

Les frais de transports et une partie des frais de séjour (une nuit d’hôtel et le repas du midi) seront pris en charge.

Contacts : nathalie.bouloux@univ-tours.fr ; christine.gadrat-ouerfelli@cnrs.fr

Notes

  1. Voir la synthèse historiographique présentée par Éric Palazzo, « Les cinq sens au Moyen Âge : état de la question et perspectives de recherches », Cahiers de civilisation médiévale, 220 (2012), p. 339-366 ; et le numéro de la revue Micrologus consacré aux Cinque sensi (10, 2002). Pour la fin de la période, voir Jean-Marie Fritz et Olga Anna Duhl (dir.), Les cinq sens entre Moyen Âge et Renaissance : enjeux épistémologiques et esthétiques, Dijon, 2016. [↩]
  2. Andrea Frisch, The Invention of Eyewitness. Witnessing and Testimony in Early Modern France, The University of North Carolina Press, 2017. [↩]
  3. Voir par exemple Michèle Guéret-Laferté, Sur les routes de l’empire mongol. Ordre et rhétorique des relations de voyage aux XIIIe et XIVe siècles, Paris, 1997, en particulier p. 171-178. [↩]
  4. Pour reprendre le titre de Jean-Marie Fritz, Paysages sonores du Moyen Âge. Le versant épistémologique, Paris, 2000 ; voir aussi Laurent Hablot et Laurent Vissière (dir.), Les paysages sonores du Moyen Âge à la Renaissance, Rennes, 2016. [↩]

Reisen – pilgern – migrieren

Appel à communications:

Reisen – pilgern – migrieren. Zweiter Workshop zur Mobilität in der Vormoderne

Veranstalter : Christoph Mauntel, Osnabrück; Christian Hoffarth, Kiel
Veranstaltungsort: Christian-Albrechts-Universität zu Kiel
Gefördert durch Collegium Philosophicum der Christian-Albrechts-Universität zu Kiel
Findet statt in Präsenz, 12.06.2026 – 13.06.2026
Deadline :10.03.2026

Der Workshop ist ein Forum für Wissenschaftler:innen verschiedener Disziplinen, auf dem Ansätze, Methoden und Zugänge zur Mobilitätsforschung diskutiert werden.

Reisen – pilgern – migrieren. Zweiter Workshop zur Mobilität in der Vormoderne

Formen der Mobilität sind seit langem ein vielbeachtetes Thema der Vormoderne-Forschung. Die thematischen Schwerpunkte und das methodische Instrumentarium einschlägiger Arbeiten haben sich naturgemäß im Laufe der Jahre gewandelt und spezialisiert. So wurden Boten, Diplomatinnen und Missionare, Kaufleute, Scholaren und Pilgerinnen als mobile Gruppen untersucht, Routen und Wegnetzwerke rekonstruiert, die Erfahrung, Beschreibung und Konstruktion von Fremdheit und Alterität analysiert, Aspekte von Körperlichkeit und Emotionalität erforscht, transkulturelle Kontakte und Austauschprozesse in den Blick genommen, Formen individueller oder auch kollektiver Migration analysiert sowie die narrative, rhetorische und poetische Repräsentation und Funktion von Mobilität in literarischen Texten untersucht – um nur wenige Themen und Ansätze zu nennen.

Der geplante Workshop soll ein Forum für Wissenschaftler:innen verschiedener Disziplinen sein, auf dem Ansätze, Methoden und Zugänge zur Mobilitätsforschung diskutiert werden. Dazu sollen laufende Projekte und Forschungsarbeiten vorgestellt werden, die sich mit Formen des Reisens, Pilgerns und Migrierens sowie des Erzählens darüber in Europa von ca. 500 bis ca. 1800 beschäftigen – der thematische Rahmen ist hier bewusst offengehalten.

Erbeten werden Vorschläge für Vorträge von 20 bis 25 Minuten, die das Forschungsvorhaben vorstellen und den jeweiligen Zugriff an Quellenbeispielen vorführen. Wenn Sie Interesse haben teilzunehmen, senden Sie bitte ein Abstract (ca. 400–600 Wörter) sowie eine kurze biographische Skizze in einer pdf-Datei bis zum 10. März 2026 an Christian Hoffarth (choffarth@histosem.uni-kiel.de) und Christoph Mauntel (cmauntel@uni-osnabrueck.de).

Die Reise- und Unterkunftskosten können voraussichtlich übernommen werden.

Für Fragen stehen die Organisatoren gerne zur Verfügung.

Kontakt

choffarth@histosem.uni-kiel.de
cmauntel@uni-osnabrueck.de

 

L’exploration et l’explorateur

Appel à communication:

Vespucci

 L’exploration et l’explorateur (Moyen Âge-XVIIIe s.) : de la réalité au mythe

Réceptions et réécritures contemporaines et ultérieures

 Colloque, 19-20 novembre 2026, La Rochelle Université

 La Rochelle Université, CRHIA

Institut des Amériques

Université Bordeaux Montaigne, PLURIELLES

FRS-FNRS

IUF

Présentation du projet

Ce colloque interdisciplinaire proposera une réflexion sur la réception et la réécriture d’écrits d’explorations du Moyen Âge au XVIIIe siècle dans des textes pouvant aller jusqu’au XXIe siècle. Il s’agira ainsi d’interroger la construction et l’évolution des mythes de l’exploration par les textes, les figures de leurs acteurs, ainsi que les enjeux politiques, idéologiques, esthétiques et environnementaux liés à ces récits, en croisant des approches littéraires, linguistiques, historiques et géographiques.

Argumentaire

La période médiévale et moderne est jalonnée de ce que l’historiographie a longtemps désigné comme des « découvertes » dans certaines régions d’Orient et d’Afrique, puis en Amérique — alors perçue comme le « Nouveau Monde » —, avant de s’étendre aux espaces pacifiques et océaniens, incluant l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Polynésie. Toutefois, si l’exploration connote l’idée de la nouveauté radicale de territoires inconnus, elle comprend aussi l’approfondissement des connaissances portant sur des territoires sillonnés depuis longtemps, comme ceux de l’Orient, avec lequel l’Occident entretient des rapports anciens qui ont conduit des marchands, ambassadeurs et religieux jusqu’en Extrême-Orient. Par ailleurs, l’exploration ne peut être pensée indépendamment de ses acteurs, tels que Marco Polo pour l’Orient, Vasco de Gama et Magellan pour la route des Indes, Christophe Colomb et Jacques Cartier pour l’Amérique, ou encore James Cook et Bougainville pour le Pacifique.

Il s’agira d’interroger la mise en récit de ces explorations et de ses acteurs à l’époque où elles ont eu lieu, mais aussi la réception et la réécriture de ces premiers récits jusqu’à aujourd’hui. L’intertextualité est d’ailleurs un phénomène très important dans la littérature de voyage du Moyen Âge et de la première modernité, les voyageurs reprenant abondamment les écrits de leurs prédécesseurs – sans toujours signaler leurs emprunts. Cette circulation de texte en texte peut entraîner un processus de mythification dont il s’agira d’appréhender les contours. Existe-t-il un mythe littéraire de l’exploration ? L’exploration ne réfère-t-elle qu’aux « grandes découvertes » ou est-elle encore opérante aux XVIIe et XVIIIe siècles, à une époque marquée par les progrès techniques où les expéditions sont organisées par de puissantes compagnies de commerce et par des politiques étatiques ? Enfin, comment ces explorations sont-elles investies par les réécritures ultérieures, d’un point de vue politique, idéologique ou esthétique ?  Concernant les explorateurs, il s’agira notamment d’étudier leur héroïsation ou leur diabolisation, variable selon l’histoire des pays d’origine des voyageurs. Ainsi, les conquistadors mythifiés de l’empire espagnol sont par exemple la cible de la légende noire qui irrigue la production viatique d’autres nations européennes aux XVIe et XVIIe siècles. En outre, il s’agira de décentrer cette mythologie de l’exploration, en s’intéressant à des figures que l’historiographie a longtemps laissées en marge, telles les femmes (comme Jeanne Barret de l’expédition de Bougainville) ou les populations non occidentales, dans une perspective d’histoire connectée. Les études adoptant un angle écocritique seront également les bienvenues pour repenser une exploration souvent conçue comme une exploitation et une mise en savoir de l’environnement vivant.

Afin d’étudier ces questions, ce colloque rassemblera des chercheurs internationaux spécialistes de différentes aires géographiques et linguistiques des disciplines de la littérature, de l’histoire ou encore de la géographie. Si les récits de voyage et autres écrits géographiques seront un des objets privilégiés des interventions, d’autres productions seront étudiées, comme les fictions notamment romanesques, mais les sources archivistiques.

Axes de recherches

1. Le récit d’exploration comme genre littéraire ? Il s’agira de s’intéresser à la mise en forme de l’expérience exploratoire par les voyageurs ou chroniqueurs et aux stratégies littéraires qu’ils mobilisent, et de se demander s’il existe un genre du récit d’exploration. Le voyageur se met-il lui-même en scène comme explorateur dans son récit ? L’expérience de l’exploration est-elle investie d’une valeur personnelle en engageant chez lui une évolution conférant au texte des accents de récit de formation, de voyage initiatique ? À un autre niveau, l’exploration est-elle chargée d’une signification politique ou idéologique ? Par ailleurs, dans la mesure où il implique une mise en forme de l’expérience par des procédés littéraires, quelle place le récit d’exploration réserve-t-il au réel et à la fiction ? En outre, jusqu’à quel point le récit de voyage imaginaire et l’utopie s’inspirent-ils d’explorations authentiques ?

2. Réécritures et mythification : Il s’agira d’étudier le processus de mythification des explorations et de leurs acteurs à partir des expériences de voyageurs et de leurs récits. La mythification de certains explorateurs peut être le fruit d’une série de reprises et de références intertextuelles effectuées par d’autres auteurs-voyageurs dans leurs propres œuvres. Elle peut ériger l’explorateur en modèle, voire en héros, ou au contraire le dévaloriser, voire en faire un modèle-repoussoir. Dans le cas de l’héroïsation, elle peut être due, dans certains récits viatiques, à l’évocation de lieux fantasmés (l’Eldorado, les Îles bienheureuses, l’Atlantide), où l’explorateur peut découvrir des merveilles et des créatures monstrueuses souvent topiques.

3. Une exploration décentrée : Ce colloque nous donnera l’occasion d’interroger la place des acteurs invisibilisés par la tradition historiographique, comme les femmes ou les populations colonisées, dans les récits d’exploration leur réécriture. Qu’en est-il, à la lumière des travaux de l’histoire connectée, des migrations générées par l’exploration ?

4. Exploration et savoirs : Il s’agira d’étudier la mise en forme des savoirs de l’exploration, y compris par des guides, des cartes et des atlas, et ses enjeux notamment coloniaux. La construction de ces savoirs soulève des questionnements géocritiques, car l’évolution de la vision des lieux peut même mener à une transformation de ces lieux.

D’autres réflexions pourront venir étayer les axes de cette problématique.

Modalités de participation

Les propositions de communication d’environ 300 mots accompagnées d’une brève biobibliographie sont à envoyer aux organisateur.ices avant le 21 mai 2026.

Charles BRION, charles.brion01@univ-lr.fr

Mathilde MOUGIN, mathilde.mougin@ulb.be

Priscilla MOURGUES, priscilla.mourgues@gmail.com

Ce colloque sera suivi d’un projet de publication.

Modalités de prise en charge

Le logement, les déjeuners ainsi que le dîner du 19 novembre seront financés par l’organisation. Les frais de transports seront laissés à la charge des équipes de recherche des participant.e.s.

Comité scientifique

Virginie ADANE (CRHIA, Nantes Université)

Charles BRION (CRHIA, La Rochelle Université)

Christine GADRAT-OUERFELLI (CNRS)

Yann LIGNEREUX (CRHIA, Nantes Université)

Mathilde MOUGIN (FRS-FNRS)

Jean-Marc MOURA (Institut Universitaire de France, Paris Ouest-Nanterre)

Priscilla MOURGUES (PLURIELLES, Université Bordeaux Montaigne)

Sylvie REQUEMORA (Institut Universitaire de France, CIELAM, CRLV,  Université Aix-Marseille)

Etrangers et gens de passage

Appel à communications:

67e Rencontres du Centre Européen d’Études Bourguignonnes, château d’Angers, 24-27 septembre 2026 : 

“Étrangers et gens de passage dans les pays bourguignons et angevins (XIVe-XVIe siècles)”.

Les communications présentées devront se situer dans le périmètre ici défini.

La société de la fin du Moyen Âge et de la première Modernité a connu un important phénomène de mobilité géographique : les voyages entrepris pour veoir le monde, les déplacements professionnels, la peregrinatio academica, les pèlerinages, les ambassades, les expéditions militaires, la fuite devant la guerre ou devant des difficultés conjoncturelles eurent pour conséquences des apports temporaires ou définitifs d’éléments étrangers au sein d’une population, d’un groupe social ou d’un milieu. Le phénomène pourra être étudié sous différents angles – politiques, juridiques, socio-économiques, culturels – et en fonction de différentes situations : étrangers et gens de passage peuvent être des personnages fréquentant la cour (ambassadeurs, nobles voyageurs, maîtres artisans spécialisés, artistes, écrivains, médecins, etc.), des gens de guerre, des marchands, des maîtres et étudiants, des réfugiés. Ils pourront être considérés soit individuellement, soit en groupe ; les réactions, positives ou négatives, face à leur présence seront également à envisager.

Dès à présent et avant le 11 mars 2026, les propositions de communication sont à adresser au Secrétariat du Centre (alain.marchandisse@uliege.be). Le Comité exécutif du Centre procédera à la sélection des communications à la mi-mars.

Lieux communs, stéréotypes et clichés du voyage

Appel à communication:

“Lieux communs, stéréotypes et clichés du voyage”

XXXVIIIe colloque international de la SATOR, Arras, 18-19 juin 2026

Université d’Artois / Textes et Cultures

Université Paris Cité / CERILAC

Université Sorbonne Nouvelle / CERC

Appel à contribution

À l’occasion de son XXXVIIIe colloque international, la SATOR invite les chercheuses et les chercheurs au décentrement afin d’envisager les liens complexes, aussi paradoxaux qu’évidents, entre topoi et discours du voyage, que ce discours soit issu ou non d’une expérience viatique concrète. Le voyage est banalement défini comme un déplacement plus ou moins long dans l’espace, occasion de découverte(s) et de transformation intérieure pour la voyageuse, le voyageur qui sort de sa zone de confort, et la logique commune voudrait que l’écriture du voyage s’en trouve également transformée. C’est pourtant bien le topos qui caractérise cette dernière, au point de fournir aux théoriciennes, théoriciens spécialistes des écrits viatiques un outil et une grille de lecture particulièrement opérants pour penser la littérarité de ces corpus « sans loi » (R. Le Huenen) : les travaux de Christine Montalbetti ont montré combien le voyage se fait et s’écrit à l’ombre d’une bibliothèque, celle-ci doublant l’expérience viatique quand elle ne s’y substitue pas totalement.

Si la SATOR concentre traditionnellement son intérêt sur le corpus des fictions de langue française d’Ancien Régime, soit antérieures à 1800, on souhaiterait, dans le cadre du présent colloque, étendre cet empan au long XIXe siècle, ainsi qu’aux corpus européens et, le cas échéant, extra-européens de fictions, mais aussi de relations de voyage. Élargir la réflexion au « siècle du voyage » – pour reprendre le titre d’une étude collective éditée en 2006 par Sylvain Venayre – revient tout d’abord à prendre acte de l’« entrée en littérature » (R. Le Huenen) du récit de voyage à l’époque romantique, ce qui en fait un objet pertinent pour la SATOR. Plus particulièrement, ceci doit nous inviter à penser le discours viatique dans toute sa complexité, à l’interface des littératures de fiction et des littératures référentielles, mais aussi les interactions et les contaminations génériques à double sens entre ces deux ensembles et, enfin, la manière dont les topoi s’en trouvent construits, déconstruits ou reconfigurés. C’est à cette même fin qu’est utile l’ouverture du propos aux corpus extra-européens, ces derniers nous incitant plus encore à interroger notre définition du fait littéraire par la confrontation à d’autres cultures de l’écrit – et de l’oral – que la nôtre.

Plusieurs études existent d’ores et déjà sur la place et le rôle du topos dans les écrits viatiques, qu’il s’agisse d’envisager sa phénoménologie sur un plan micro- et macrostructural (S. Venayre et A.-G. Weber, 2010), d’étudier sa fabrique, à l’interface de la littérature et des sciences naturelles (A.-G. Weber, 2013) ou encore d’éclairer l’équilibre subtil qui le génère dans l’écriture, entre répétition(s) et variation(s) (V. Magri et O. Gannier, 2020). Le présent colloque entend poursuivre cette investigation, non seulement en se donnant pour tâche d’éclairer et de mettre en ordre la terminologie mouvante dont nous nous emparons souvent pour penser le caractère topique des écrits viatiques – lieu(x) commun(s), stéréotype(s), cliché(s) – mais aussi en offrant à la réflexion collective l’opportunité d’un tournant poéticien : il s’agira de dépasser la tentation d’une analyse strictement thématique ou imagologique de ce corpus. Nous gageons que l’objet de recherche de la SATOR, le topos narratif, constitue une voie opératoire pour ce faire, autant qu’il est le creuset d’un possible dialogue interdisciplinaire sur la question : « configuration narrative récurrente d’éléments pertinents, thématiques ou formels », « assez récurrent[e] pour être perçu comme topique » (voir la présentation générale des outils théoriques de la SATOR), elle appelle les analyses de spécialistes de littérature française, étrangère et comparée, de linguistique et de stylistique, d’histoire culturelle ou encore d’histoire et de théorie des arts.

Les contributions peuvent s’inscrire dans les axes suivants, sans toutefois s’y limiter :

  • État des lieux : quelles perspectives ouvertes aux études viatiques par l’étude de la topique narrative ? Quelles sont les nuances sémantiques, en langue et en discours, qui existeraient entre les notions de topos, lieu commun, stéréotype ou cliché pour désigner ces constantes définitoires de l’écriture viatique ? Qu’y apporte l’approche satorienne du mini-canevas narratif récurrent, notamment lorsqu’on la mobilise pour lire les écrits viatiques ?
  • Fabrique des lieux : quels sont les différents types d’occurrence d’une topique narrative dans les écrits viatiques ? Peut-on les nommer et les classifier ? Esquissent-ils un séquençage du récit du voyage au même titre qu’un itinéraire balisé ? Façonnent-ils ou révèlent-ils, par leur récurrence voire leur répétition, des constantes génériques pouvant être abstraites de la variété des corpus viatiques ? Inversement, que produisent la variation et l’écart par rapport à la répétition ?
  • Retour sur les lieux : comment les autrices, auteurs de voyages réels et / ou fictifs se positionnent-elles / ils par rapport à la topique narrative ? À quel degré la conscience d’une topicité se situe-t-elle et, le cas échéant, par quel(s) moyen(s) s’exprime-t-elle ? Peut-on identifier les éléments d’un discours réflexif, voire les prémices d’un geste de théorisation ? Ont-ils leur place désignée dans la trame diégétique de l’écrit viatique, ou est-ce entre les lignes qu’il faut les traquer, ou est-ce notre relecture qui les institue ?
  • Lieux multidimensionnels : dans quelle mesure le sémantisme tant rhétorique que spatial et géographique de la notion de lieu, particulièrement porteur pour penser l’écriture des voyages, trouve-t-il un écho dans l’acception d’abord photographique, puis discursive, de l’une des variantes du lieu, le cliché ? Qu’apporte l’étude des voyages illustrés, de la gravure à la photographie, à notre objet ? La notion de topique narrative peut-elle s’ouvrir à une perspective d’étude intermédiale et, inversement, de quelles manières peut-elle enrichir cette dernière ?

Les propositions de communication d’environ 300 mots, accompagnées d’une courte bio-bibliographie, sont à envoyer à agaelle.weber@univ-artois.fr, mathilde.morinet@univ-artois.fr, yen-mai.tran-gervat@sorbonne-nouvelle.fr et marie.mosse@u-paris.fr avant le lundi 12 janvier 2026.

Une réponse sera envoyée après délibération du comité scientifique au plus tard le lundi 16 mars 2026.

Bibliographie indicative

Amossy, Ruth et Anne Herschberg Pierrot, Stéréotypes et clichés. Langue, discours, société, Paris, Armand Colin, coll. « 128 Tout le savoir », 2015

Amossy, Ruth et Elisheva Rosen, Les Discours du cliché, Paris, CDU et SEDES, 1982

Antoine, Philippe et Marie-Christine Gomez-Géraud (dir.), Roman et récit de voyage, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. « Imago mundi », 2001

Bakhtine, Mikhaïl, Esthétique et théorie du roman, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1979

Bakhtine, Mikhaïl, Esthétique de la création verbale, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1984

Chupeau, Jacques, « Les récits de voyage aux lisières du roman », Revue d’Histoire littéraire de la France, mai-août 1977, p. 536-553

Curtius, Ernst Robert, La Littérature européenne et le Moyen Âge latin (1948), traduit de l’allemand par Jean Bréjoux, 2 vol., Paris, Presses universitaires de France, 1956 (réimpression 1986)

Debaene, Vincent, La Source et le Signe. Anthropologie, littérature et parole indigène, Paris, Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 2025

Dubost, Jean-François, « Introduction. De la topique à la topographie : retour critique sur nos outils théoriques », Topique et topographie, Topiques, études satoriennes, vol. 3, 2017

Ferrand, Nathalie et Michèle Weil (dir.), Homo narrativus. Recherches sur la topique romanesque dans les fictions de langue française avant 1800, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2017

Genette, Gérard, Palimpsestes. La littérature au second degré, Paris, Seuil, 1982

Jeay, Madeleine et Jean-François Dubost (dir.), Réfléchir le topos narratif, Topiques, études satoriennes, vol. 2, 2016

Gannier, Odile et Véronique Magri (dir.), Variations et répétitions dans le récit de voyage, L’Analisi linguistica e letteraria, n°28/1, 2020. URL : https://www.analisilinguisticaeletteraria.eu/index.php/ojs/issue/view/64

Le Huenen, Roland, Le Récit de voyage au prisme de la littérature, Paris, PUPS, coll. « Imago Mundi », 2015

Linon-Chipon, Sophie, Véronique Magri-Mourgues, Sarga Moussa (dir.), Miroirs de textes. Récits de voyage et intertextualité, Nice, Publication de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines de Nice, Nouvelle série, n°49, 1998

Magri-Mourgues, Véronique, Le Voyage à pas comptés. Pour une poétique du récit de voyage au XIXe siècle, Paris, Honoré Champion, 2009

Montalbetti, Christine, Le voyage, le monde et la bibliothèque, Paris, PUF, coll. « Ecriture », 1998

Pasquali, Adrien, Le Tour des Horizons. Critique et récits de voyage, Paris, Klincksieck, 1994

Rajotte, Pierre, Le récit de voyage, aux frontières du littéraire, Montréal, Éditions Triptyque, 1997

Samoyault, Tiphaine, L’Intertextualité. Mémoire de la littérature, Paris, Nathan Université, coll. « 128 Tout le savoir », 2001

Venayre, Sylvain (dir.), Le Siècle du voyage, Sociétés & Représentations, 2006/1, n°21

Venayre, Sylvain et Anne-Gaëlle Weber (dir.), Lieux communs du voyage, Les Cahiers du XIXe siècle, n°5, Montréal, Éditions Nota bene, 2010

Weber, Anne-Gaëlle, A beau mentir qui vient de loin. Savants, voyageurs et romanciers au XIXe siècle, Paris, Honoré Champion, 2004

Weber, Anne-Gaëlle, Les Perroquets de Cook. De la fabrique littéraire d’un lieu commun savant, Paris, Classiques Garnier, coll. « Perspectives comparatistes », n°20, 2013.

Comité scientifique

Hélène Cazes (UVic / SATOR)

Hélène Cussac (Université Toulouse Jean-Jaurès / SATOR)

Mathilde Morinet (Université d’Artois)

Marie Mossé (Université Paris Cité)

Sylvie Requemora (Aix-Marseille Université)

Yen-Maï Tran-Gervat (Université Sorbonne Nouvelle / SATOR)

Anne-Gaëlle Weber (Université d’Artois)

 

Perspectives croisées sur les recherches viatiques

Appel à communications:

Le voyageur

 

 

Seuils et Traverses

Centre de Recherches sur la Littérature des Voyages

Société d’Étude de la Littérature de Voyages du Monde Anglophone

16-18 Septembre 2026, Aix-Marseille Université (AmU).

Langues du colloque : anglais et français.

Date limite pour l’envoi des résumés : 15 février 2026.

Notification d’acceptation : 13 mars 2026.

Nous invitons les chercheurs intéressés par l’étude des récits de voyage à participer à l’édition 2026 de la série de colloques « Seuils et Traverses ». Le colloque international se tiendra à Marseille, une ville façonnée par les voyages, et à Aix-en-Provence, en France.

Les communications dureront 20 minutes et des panels de 3 intervenants seront proposés auprès de chercheurs travaillant dans tous les domaines liés aux études sur le voyage, notamment les études littéraires, l’histoire, la géographie, l’environnement, l’histoire de l’art, la traductologie, l’anthropologie, l’histoire et les études sur les médias. L’événement est également ouvert aux arts créatifs.

Les propositions de communication portant sur toutes les périodes séculaires et sur tous les contextes géographiques sont les bienvenus, tout comme les propositions émanant de chercheurs confirmés, de chercheurs en début de carrière, d’étudiants diplômés et de chercheurs indépendants.

Il n’y a aucune restriction concernant les corpus autres que ceux en français ou en anglais. La langue du colloque sera l’anglais ou le français, mais les propositions peuvent porter sur des textes en langues étrangères.

Les organisateurs peuvent n’envisager qu’un nombre limité de propositions pour cet évènement. La participation en présentiel est préférable, mais la conférence sera largement diffusée et un format hybride peut être aussi envisagé.

L’évolution de la littérature de voyage nécessite une approche historiographique qui soutienne l’analyse des épistémologies renouvelées du domaine et des études sur la littérature de voyage. Le présent colloque international de Borders and Crossings permettra donc des réflexions sur l’épistémologie de la littérature de voyage en tant que genre, ainsi que sur l’épistémologie des études sur la littérature de voyage. Il vise à explorer les récits de voyage récents et à revisiter les récits de voyage classiques à la lumière de modes de lecture diversifiés qui pourront s’organiser autour des thématiques suivantes :

Sessions:

  • Seuils et traverses : voyages, exils, refuges, migrations, frontières, circulations
  • La nature dans les écrits de voyages
  • Récits viatiques au féminin
  • Décentrement des regards
  • Travellers and Travellees
  • Voyage et race
  • Sensorialités du voyage : ouïe, vue, toucher, odorat, goût
  • Les voix autochtones dans le récit de voyage
  • Émotions en mobilité
  • Savoirs et ignorances viatiques : connaitre l’inconnu
  •  Les belles infidèles : traduction des transcriptions
  • Voyage et identités
  • Errances vs voyages organisés
  • Voyage et santé
  • Voyage et handicap (études critiques du handicap, disability studies)
  • Voyages de retour aux pays d’origine (Travelling home)
  • Réception : le public des récits de voyage
  •  La bibliothèque du voyageur
  • Le monde du livre viatique : voyageurs, traducteurs, illustrateurs, éditeurs, critiques
  • Voyage et création
  • Voyages et numérique
  • Voyages et IA
  • Voyage et apprentissage des langues étrangères
  • Théories du voyage et de l’écriture viatique
  • Arts de Voyager
  • Voyage et littérature jeunesse
  •  Voyage et didactique : le voyage dans les romans nivelés destinés à l’apprentissage des langues étrangères
  •  Voyage et arts graphiques
  • Voyage et Decolonial Turn
  • Blue and green studies : voyage et environnement

Les actes seront publiés. Le lieu de publication sera soumis au vote du comité scientifique à l’issue du colloque, après avoir entendu les communications.

Veuillez envoyer vos propositions d’environ 250 mots pour un article individuel ou jusqu’à 500 mots pour une proposition de panel, accompagnées d’une brève biographie et de votre affiliation universitaire, à Emmanuelle Peraldo (emmanuelle.peraldo@univ-amu.fr) et Sylvie Requemora (sylvie.requemora@univ-amu.fr) avant le 15 février 2026.

Comité d’organisation :

Sylvie Requemora (AmU), Emmanuelle Peraldo (AmU), Charles Forsdick (Cambridge Univ., UK), Absa D Agaro, (Appui à la Recherche AmU), Viktoria Kokonova (AmU), Capucine Zgraja (AmU), Lauriana Dumont (AmU et UniCA).

Comité scientifique :

Sylvie Requemora, AmU, France.

Emmanuelle Peraldo, AmU, France.

Charles Forsdick, Cambridge Univ., Royaume-Uni.

Luigi Marfè, Padova Univ., Italie.

Javier Alonso Prieto, Univ. de Valladolid, Espagne.

Christina Kullberg, Uppsala Univ., Suède.

Burghart Schmidt, ZHRF, Allemagne.

Vanezia Parlea, Bucarest univ., Roumanie.

Irini Apostolou, Nationale et Capodistrienne Univ. d’Athènes, Grèce.

Gábor Gelléri, Université d’Aberystwyth, Pays de Galles.

Spatiality and Networks

Appel à contribution:

Spatiality and Networks in Late Antiquity and the Early Middle Ages

Call for Papers: For the meeting of the Working Group “Late Antiquity and Early Middle Ages” (AGSFM) at the joint conference of MOVA, WSVA and NWVA from September 8 to 11, 2025 in Frankfurt/Oder

From the North Sea to the Mediterranean, from the Atlantic to the Black Sea: The spatial distribution of late Roman and early medieval material culture demonstrates the era’s long-distance human connections.

Meeting on “Spatiality and Networks in Late Antiquity and the Early Middle Ages” – submission until April 30, 2025.

New finds, as well as methodological and theoretical developments, allow us to analyse them from a new perspective.

For this year’s AGSFM meeting we invite you to reflect on networks and perspectives of network analysis in late Roman and early medieval studies.
We will focus on the following topics:

  • Regional visualizations based on individual studies
  • Spatial and temporal high-resolution information on ‚key regions‘
  • Individual studies, e.g. household archaeology (spatial distributions within small areas and their relationships)
  • Areas of communication, e.g. exchange and trade networks, symbols, burial practices, artifacts and their components
  • Overlapping spatial concepts, their entanglements and communication ranges
  • Social meanings and construction of space
  • Mental mapping and actor-related spatial perception, e.g. of distances
  • Mobility, especially of groups of people and animals; mobility and social (e.g. family) structures
  • Political and social order as a basis for spatial understanding
  • Relationships between identity and space
  • Networks of resources and activities
  • “Network” as a metaphor and research tool
  • The use and transformation of maps and mappings in contemporary research.

On September 8 and 9 2025, this year’s meeting of the Working Group for Late Antiquity and Early Middle Ages (AGSFM) will give space to these questions. The meeting will be a forum to present new results or projects on these topics. We also aim to identify and discuss related challenges, problems and questions.

We welcome contributions in German and English. Presentations should not exceed 20 minutes. Proposals for papers (400-600 characters) should be submitted to a.flueckiger@unibas.ch by April 30, 2025.

Please note that the working group cannot cover travel or accommodation costs. Participants are therefore kindly asked to cover their own expenses and to register for the conference.

Organisation:  
Dr. Michaela Helmbrecht, Dr. Christoph Lobinger, Valerie Palmowski M. A.,
Dr. Roland Prien, Mag. Dr. Bendeguz Tobias (advisory board), Dr. Anna Flückiger (speaker)

Etonnement naturaliste et merveilles naturelles

Appel à communications

Etonnement naturaliste et merveilles naturelles

6-8 novembre 2025.

Colloque international du réseau international de recherche Zoomathia.

Organisation :  Pascaline Le Gouar (Université Rennes 1), Nelly Ménard (Université Rennes 1), Sébastien Deregnaucourt ­(Nanterre Université), Arnaud Zucker (Université Côte-d’Azur)

Comité scientifique : Santiago Aragon (Sorbonne Université), Marine Grandgeorges (Université Rennes 1), Michel Kreutzer (Université Paris-Nanterre), Pascaline Le Gouar, Nelly Ménard, Sébastien Deregnaucourt (Nanterre Université), Isabelle Draelants (IRHT), Oliver Hellmann (Trier Universität), Stavros Lazaris (ICP, CNRS), Marco Vespa (Hebrew University of Jerusalem), Arnaud Zucker.

Lieu : Station de Paimpont (Université de Rennes)

‘Le secret de l’histoire naturelle contenant les merveilles et choses mémorables du monde’, France ca. 1480-1485 (BnF, Français 22971, fol. 20r) & autres animaux.

Présentation

La nature est souvent aberrante ou du moins si déconcertante que ce serait être ignorant par un autre tour d’ignorance de ne pas s’en étonner, et la nature des animaux, comme celle des plantes « déborde de tous côtés » (Théophraste). Il existe dans la littérature antique et médiévale une longue tradition de récits et descriptions de bizarreries et merveilles naturalistes et en particulier animales. Ces récits ont été généralement pris à la légère, voire avec condescendance par la critique moderne, par les hommes éclairés des lumières de l’esprit nouveau, scientifique, résolument moderne. Mais l’illusion n’est peut-être pas là où elle semble loger. Cette tradition ancienne témoigne d’une curiosité et d’un étonnement devant la plasticité du vivant et la diversité des organismes et des facultés des êtres vivants : souris rongeuses de fer, animaux guérisseurs, rituels sociaux sophistiqués, alternance sexuelle, dispersion des cerveaux, prémonition animale, biomimétisme, … Si l’on cesse de s’obnubiler avec les monstres exemplaires des bestiaires médiévaux, se découvrent de nombreux récits dont l’étrangeté répond à l’étrangeté de la nature elle-même. L’enjeu de ce colloque est de se pencher, grâce au regard des savants anciens et modernes, sur des questions zoologiques sous l’angle de l’extravagance et dans leurs modes non ordinaires, et de réfléchir à la façon dont les bizarreries naturelles sont perçues, admises, interprétées, et renouvellent parfois le regard porté sur les animaux et le vivant en général. Aujourd’hui comme hier les phénomènes naturels sont et demeurent pour beaucoup étranges et difficiles à expliquer. Dans le domaine des comportements, les biologistes modernes ont forgé le concept d’instinct pour servir de principe explicatif général. Certains aujourd’hui recourent à l’idée d’un ‘sixième sens’ pour situer certaines capacités qui dépassent l’entendement, comme les capacités perceptives ou migratoires de certaines espèces. Les recherches des biologistes sur les facultés atypiques des animaux, qui ont tous développé une forme d’excellence extraordinaire dans un domaine ou un autre, intéressent à juste titre les techniciens du naturel et de l’artificiel (médecins, les industriels, etc.). Précisément parce qu’elles sont « extraordinaires ». Il est plus que probable que les modèles de fonctionnement physiologiques ou éthologiques que nous avons adoptés au 20e siècle soit schématiques et inadaptés à la diversité biologique. Restaurer l’étonnement, non pas comme une émotion d’ignorant, mais un lucide moteur de recherche scientifique, et prendre au sérieux le discours de l’étonné permet de remettre en jeu le savoir très modeste et tâtonnant des spécialistes du vivant.
Cet appel à communication s’adresse donc à tous ceux qui, historiens des sciences, historiens des textes, biologistes, s’intéressent à ce qui n’est pas le « régime ordinaire de la nature » selon les mots d’Aristote, mais ses manifestations déconcertantes. Les communications pourront s’intéresser à des motifs de cette étrangeté naturelle, dans l’expérience ou dans l’histoire, qu’elle touche à des aspects anatomiques, physiologiques, relatifs aux comportements comme dans les domaines de la communication, de la technicité, ou de ce qu’on nomme faute de mieux le « sixième sens animal ».
Les communications pourront être présentées en allemand, anglais, espagnol, français ou italien. Une version écrite des communications sera demandée et soumise à un éditeur rapidement après la conférence. Les communications seront de 25 minutes, avec 10 minutes de discussion.  Les chercheurs intéressés, quel que soit leur niveau académique, sont invités à soumettre un résumé de moins de 500 mots à cepam.zoomathia@univ-cotedazur.fr avant le 05 Mai 2025. Les réponses seront données le 15 Juin 2025. Le logement et les repas pendant toute la durée du colloque seront pris en charge par les organisateurs.

Reisen, pilgern, migrieren

Appel à communications:

Reisen – pilgern – migrieren. Ein Workshop zur Mobilität in der Vormoderne

Osnabrück, 27.–28. Juni 2025

Organisatoren: Christian Hoffarth (Kiel) & Christoph Mauntel (Osnabrück)

Formen der Mobilität sind seit langem ein vielbeachtetes Thema der Vormoderne- Forschung. Die thematischen Schwerpunkte und das methodische Instrumentarium einschlägiger Arbeiten haben sich naturgemäß im Laufe der Jahre gewandelt und spezialisiert. So wurden Boten, Diplomatinnen und Missionare, Kaufleute, Scholaren und Pilgerinnen als mobile Gruppen untersucht, Routen und Wegnetzwerke rekonstruiert, die Erfahrung, Beschreibung und Konstruktion von Fremdheit und Alterität analysiert, Aspekte von Körperlichkeit und Emotionalität erforscht, transkulturelle Kontakte und Austauschprozesse in den Blick genommen und vielfältige Formen individueller oder auch kollektiver Migration analysiert – um nur wenige Themen und Ansätze zu nennen.

Der geplante Workshop soll ein Forum für Wissenschaftler:innen verschiedener Disziplinen sein, auf dem Ansätze, Methoden und Zugänge zur Mobilitätsforschung diskutiert werden. Dazu sollen laufende Projekte und Forschungsarbeiten vorgestellt werden, die sich mit Formen des Reisens, Pilerns und Migrierens in Europa von ca. 500 bis ca. 1800 beschäftigen – der thematische Rahmen ist hier bewusst offengehalten.

Erbeten werden Vorschläge für Vorträge von 20 bis 25 Minuten, die das Forschungsvorhaben vorstellen und den jeweiligen Zugriff an Quellenbeispielen vorführen. Wenn Sie Interesse haben teilzunehmen, senden Sie bitte einen Abstract (ca. 400-600 Wörter) sowie eine kurze biographische Skizze in einer pdf-Datei bis zum 2. März 2025 an Christian Hoffarth (choffarth@histosem.uni-kiel.de) und Christoph Mauntel (cmauntel@uni-osnabrueck.de). Die Reise- und Unterkunftskosten können übernommen werden.

Marco Polo and the European image of Asia

Appel à communication:

Marco Polo and the European Image of Asia

November 14–16, 2024
University of Innsbruck, Austria

Marco Polo’s narrative account of Asia in his Il Milione is one of the first and major sources to shape the European image of Asia for centuries to come. The Polo universe is vast, encompassing numerous vernacular and Latin versions of the account, which differ through their emphasis of specific aspects. This conference, commemorating the 700th anniversary of Marco Polo’s death in 2024, explores some of the different descriptions, projections, and phantasies of Asia in the light of Marco Polo’s Il Milione and beyond.

Invited speakers

  • Alvise Andreose (Università degli Studi di Udine, Italy)
  • Eugenio Burgio (Università Ca’ Foscari Venezia, Italy)
  • Markus Cruse (Arizona State University, Tempe, Arizona, USA)
  • Christine Gadrat-Ouerfelli (CNRS, LA3M – MMSH, Aix-en-Provence, France)
  • Sharon Kinoshita (University of California, Santa Cruz, California, USA)
  • Andrea Palandri (Dublin City University, Ireland)
  • Samuela Simion (Università Ca’ Foscari Venezia, Italy)
  • Hans Ulrich Vogel (Eberhard Karls Universität Tübingen, Germany)

Call for papers

Possible contributions include precursors of or influences on Marco Polo’s narrative as well as transformations of the different Polo versions and their legacies. The scope of the conference bridges literary, linguistic, philological, historical, art-historical, religious, economic, sociological, and political approaches—to mention only the most obvious ones. Contributors are invited to address novel aspects within the larger context of Marco Polo’s Il Milione, both from a diachronic as well as a synchronic perspective. General contributions on the European image of Asia, both past and present, are also welcome.

Please send the title and abstract (about 250 words) of your conference paper together with your contact details to marco-polo-2024@uibk.ac.at. The deadline for submission is July 14, 2024.

The conference language is English.

All sessions of the conference will take place in the historic rooms of the Palais Claudiana in the old town of Innsbruck (Herzog-Friedrich-Straße 3).


Mobilités, voyages et voyageurs à l’époque romane

32e colloque international d’Issoire sur l’art roman et l’époque romane

(18-20 octobre 2024)

Colloque annuel organisé depuis 1991 par l’association « Terres Romanes d’Auvergne », avec le soutien de la ville d’Issoire et de l’Alliance Universitaire d’Auvergne, sous le patronage de la Société Française d’Archéologie et de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Ferrand.

Appel à communications

Mobilités, voyages et voyageurs à l’époque romane (fin du Xe – début du XIIIe siècle)

Date limite d’envoi des propositions de communication : 02 juillet 2024

Après La ville à l’époque romane (2019), L’Art roman et après ? (2022) et Artistes et Artisans à l’époque romane (2023), le Comité scientifique du colloque d’Issoire propose, pour sa session d’octobre 2024, le thème : Mobilités, voyages et voyageurs à l’époque romane (fin du Xe – début du XIIIe siècle).

De récents évènements et évolutions (pandémie et confinements, appels pressants à diminuer la masse et l’ampleur géographique de déplacements, désormais jugés contestables, voire nocifs dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, changement de perception à l’égard de l’automobile-reine et de l’avion, réflexion sur le « localisme » et sur une nouvelle « mondialisation régionalisée »…) ont inversé, au moins dans les perceptions (et les polémiques), la tendance pluriséculaire, considérablement accélérée à partir du second XIXe siècle, au développement des mobilités, en masse, dans l’espace et quant à la vitesse des déplacements. Dans le même temps, l’époque présente connait un développement considérable des phénomènes migratoires, régionaux et intercontinentaux, appelés, aux yeux des experts, à s’accélérer dans les décennies à venir.

La participation des historiens au débat doit contribuer à mette en perspective pluriséculaire l’évolution de ces problématiques et apporter des éléments de réflexion fondés sur l’observation du temps long. Les textes mieux connus et mieux traduits, l’archéologie et les études d’iconographie, l’une et les autres sans cesse  enrichies, permettent, selon l’usage des colloques issoiriens, d’interroger l’effectivité et les modalités, mais aussi les difficultés des mobilités – dans le registre des realia comme dans celui des représentations, figurées, mais aussi mentales – pendant la période du Moyen Âge central.

On rappellera ici, sans souci d’exhaustivité, quelques antécédents, ainsi le thème du XXVIe congrès de la SHMESP, tenu à Aubazine, en Limousin, en 1995 (Voyages et voyageurs au Moyen Âge), ou l’ouvrage de synthèse de Jean Verdon, Voyager au Moyen Âge, paru en 1998 et réédité en 2007. Depuis ce temps, la recherche a considérablement progressé sur ce thème, tant du côté des historiens que des archéologues, des littéraires et des historiens d’art. Dans une perspective pluridisciplinaire, il convient – c’est là la triple finalité de la manifestation issoirienne – de porter les résultats des travaux des spécialistes à la connaissance d’un public plus large et de faire découvrir à ce public « une histoire en marche » et les travaux de jeunes chercheurs, du Master 2 au Post-doc.

Les suggestions qui suivent s’entendent en tant que sujets de recherche historique en eux-mêmes, ou en tant que tant que sujets de recherches sur leurs représentations, y compris dans le cadre d’études historiographiques.

Les sources :

– sources textuelles : sources hagiographiques, sources littéraires, descriptions d’itinéraires (cf. Livre du pèlerin de Saint-Jacques, Al-Idrisi, Albert de Stade…) ; œuvres de géographes… tous types offrant des récits de voyages réels (cf. Benjamin de Tudèle, Ibn Djubair, Petahya de Ratisbonne…) ou imaginaires.

– la Bible, comme source de commentaires et de représentations : Jonas, l’exil à Babylone, les mages (cf. le transfert des reliques de Milan à Cologne).

– les résultats de fouilles archéologiques et l’apport des collections muséales (reconstitution matérielle de routes, vestiges de lieux d’hébergement, objets liés à la mobilité, objets de provenance lointaine…).

– en iconographie, toute représentation de ces mêmes sujets.

* Les causes et les modalités de la mobilité : migrations des peuples mais aussi, a contrario, fixation et sédentarisation ; le commerce au long cours ; les pèlerinages (sans s’arrêter au seul « voyage de Jérusalem », par terre, puis par mer) et missions religieuses ; les missions diplomatiques, mariages, rencontres de souverains, tournées politiques des gouvernants (cf. le capétien Robert II, les empereurs…) ; les expéditions militaires (cf. les nombreuses traversées « politico-militaires » de la Manche) ; la transmission des ordres et des nouvelles ; l’exil (cf. Thomas Beckett, 1164-1170) ; la  déportation (trafic des esclaves ) ; les  changements de lieu de travail (migrations d’artistes et d’artisans, appel à des paysans colons) ; le goût de l’aventure et l’attrait pour l’inconnu et l’errance ; le thème littéraire du voyage initiatique…

– Le rêve, le voyage nocturne : récits oniriques, visions, apparitions…

– influences : l’art roman ne fait pas exception à la règle qui veut que nombre de formes, d’images, d’idées et d’artefacts qui font les cultures d’Occident viennent, directement ou indirectement, de civilisations contemporaines de Méditerranée, d’Orient, d’Asie ou d’Afrique. Les modalités de leur appropriation et leur interprétation font encore de nos jours l’objet de débats contradictoires.

 * Les vecteurs, les moyens, les lieux et les voies de la mobilité :

– les moyens de transport : marche à pied, chevaux, ânes, mules et mulets et leurs attelages : chars, charriots… ; les navires.

– les routes, la mer, les fleuves navigables ; les points de passage : gués, bacs et ponts, ports fluviaux et maritimes, cols, portes de ville.

– les moyens et les lieux d’hébergement ; la protection des voyageurs.

– l’équipement des voyageurs : chaussures, bâtons, chapeaux, manteaux, sacs…

– la circulation des objets (reliques, matériaux de construction, objets manufacturés, animaux vivants…), par le commerce mais aussi les échanges et les dons (entre souverains, institutions religieuses…).

– se repérer, s’orienter ; la géographie et les limites des mondes connus.

* Les obstacles à la mobilité et au voyage

– l’enfermement, l’incarcération

– les règles monastiques : grande et petite clôture

– les autorisations et/ou interdictions de pénétrer dans certains territoires, les taxes et péages, les monnaies, le rôle des changeurs et le troc, les problèmes linguistiques, les obstacles divers…

– le handicap physique, la maladie

– les obstacles naturels : climat, coupures (fleuves, marécageuses, zones inondées), montagne

– le thème du « détour »

– la règle d’or : jamais seul, jamais la nuit.

Rappel bibliographique :

SHMESP, Voyages et voyageurs au Moyen Âge, Actes du XXVIe congrès (Aubazine, 1995), Paris : Publications de la Sorbonne, 1996.

Jean Verdon, Voyager au Moyen Âge, Paris : Perrin, 1998 (rééd. : 2007)

Touati, Islam et voyage au Moyen Âge, Paris : Seuil, 2000

Henri Bresc et E. Tixier du Mesnil (dir.), Géographes et voyageurs au Moyen Âge, Nanterre : Presses universitaires de Paris-Ouest, 2010

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Modalités de soumission

Le 32e colloque international d’art roman et sur la période romane se tiendra à Issoire (Puy-de-Dôme) les 18, 19 et 20 octobre 2024

Date limite d’envoi des propositions de communication : mardi 02 juillet 2024

Vos propositions de communication sont à retourner par courriel à j-luc.fray@uca.fr

Merci de bien vouloir y préciser vos nom et prénom ; profession et/ou structures de rattachement ; adresses postale et email ; titre de la communication et résumé de 15 lignes maximum en français ou en anglais.

Réunion du comité scientifique du colloque et élaboration du programme : mi-juillet 2023. Vous recevrez dans les jours qui suivront un courriel vous avisant de la décision dudit comité.

Les frais de déplacement des communicants seront pris en charge par « Terre Romane d’Auvergne » qui organisera également leur hébergement.

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Comité scientifique et d’organisation

Dominique Allios, Maître de conférences en Histoire de l’Art et Archéologie médiévales, HDR à l’Université de Rennes 2, LAHM, CreAAH  (UMR 6566)

Alphonse Bellonte, maire de Saint-Nectaire (Puy-de-Dôme), président de Terres romanes d’Auvergne.

Pascale Chevalier, Maîtresse de conférences en histoire de l’art et archéologie médiévale HDR à l’Université Clermont Auvergne (Clermont-Ferrand), ARTeHIS – UMR 6298 (CNRS et Université de Bourgogne)

Barbara Delamarre, Docteure en Histoire de l’Art, Chercheuse associée au CReAAH – UMR 6566 (CNRS et Université de Rennes II)

Martine Jullian, Maîtresse de conférences honoraire en histoire de l’art médiéval à l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble.

Jean-Paul Fanget, Docteur en Histoire, Président de l’Alliance universitaire d’Auvergne. Directeur de la Revue d’Auvergne

Jean-Luc Fray, Professeur émérite d’histoire médiévale à l’Université Clermont Auvergne – Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » (CHEC – EA 1001), MSH de Clermont-Ferrand

Sébastien Fray, Maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne, LEM-CERCOR (UMR 8584)

Christian Gensbeitel, Maître de conférences en histoire de l’art médiéval à l’Université Bordeaux-Montaigne, Directeur-adjoint du laboratoire Archéosciences-Bordeaux (UMR 6034)

Nathalie Monio, DEA d’Archéologie. Adjointe au maire de Chauriat (Puy-de-Dôme), en charge du patrimoine et des affaires culturelles. Secrétaire de Terres romanes d’Auvergne

Annie Regond, Maîtresse de conférences honoraire en histoire de l’art moderne à l’Université Clermont Auvergne. Présidente de l’association Archiclassique

Éric Sparhubert, Maître de conférences en histoire de l’art médiéval à l’Université de Limoges, CRIHAM (EA 4270)

Alessia Trivellone, Maîtresse de conférences en histoire médiévale à l’Université Paul Valéry – Montpellier 3 – Centre d’Études médiévales de Montpellier (EA 4583)

 

Voyager et commercer du Moyen Âge à la période moderne

Voyager et commercer du Moyen Âge à la période moderne

(XIIe-XVIIe siècles)

2 avril 2024, Maison de la Recherche, salle de colloque 2, 29 avenue Robert Schuman

Université Aix-Marseille, laboratoire du CIELAM
Université Bordeaux Montaigne, UR 24142 Plurielles

Présentation du projet

Principalement adressée aux littéraires, aux historiens ou encore aux géographes, cette manifestation scientifique proposera une réflexion sur les voyageurs marchands au cours de la période s’étendant du xiie au xviie siècle en se fondant sur un corpus de récits et journaux de voyage, de carnets de bord, de manuels pour marchands, ou encore de notations chiffrées relatives aux transactions commerciales opérées par les voyageurs[1]. Il s’agira d’analyser les récits et retours d’expériences de voyageurs marchands ainsi que la manière dont ceux-ci témoignent de leurs pratiques mais aussi de l’état des voies du commerce, de la création ou de l’évolution de réseaux d’échanges ou encore de la circulation de denrées et d’objets en tous genres.

Argumentaire

S’il existe plusieurs études pluriséculaires sur le commerce international, rares sont celles qui proposent une analyse de l’évolution des pratiques de commerce et de leur représentation sur une large période, du Moyen Âge jusqu’au xviie siècle. En effet, de nombreux travaux portent sur les impacts de l’ère industrielle et de la mondialisation aux xixe et xxe siècles. Certaines études se sont également consacrées à l’analyse de l’évolution du commerce lors de l’époque moderne. Parmi ces dernières, la plupart se sont concentrées sur une période située soit de l’extrême fin du Moyen Âge jusqu’au xviie siècle, soit du xviie ou du xviiie siècle à nos jours. Ainsi en est-il de Civilisation matérielle, économie et capitalisme, xve-xviiie siècle. Les Jeux de l’échange[2] de Fernand Braudel, ou, plus récemment, de Commerce, voyage et expérience religieuse (Europe, xvie-xviiie siècle)[3]. La question spécifique de la circulation d’objets a par ailleurs donné lieu à plusieurs ouvrages collectifs dirigés par Sylvain Venayre et Pierre Singaravélou[4], qui étudient notamment les phénomènes de transferts culturels et la mondialisation impliqués par ces déplacements. Quant à la période médiévale, elle a souvent fait l’objet d’un traitement indépendant. Ainsi, le système économique médiéval a par exemple été étudié par Jacques Le Goff, dans Le Moyen Âge et l’argent, tandis que les ouvrages Levant trade in the later Middle Ages d’Eliyahu Ashtor et De l’or et des épices. Naissance de l’homme d’affaires au Moyen Âge de Jacques Favier ont plus particulièrement analysé les échanges commerciaux entre divers territoires.

En premier lieu, l’originalité de cette journée d’étude réside dans le choix d’une approche pluridisciplinaire pour étudier cette question de l’activité commerciale, qui sera appréhendée non pas uniquement à travers le prisme de l’histoire économique, mais aussi en fonction des représentations qu’en livrent les voyageurs eux-mêmes. Cette perspective implique d’associer par exemple les apports des disciplines de l’histoire et de la littérature, à l’instar de ce qu’ont proposé Ҫınla Akdere et Christine Baron dans Economics and Literature, A Comparative and Interdisciplinary Approach[5], en invitant leurs lecteurs à considérer la complémentarité des approches économiques et littéraires et en montrant comment la littérature a pu traiter d’économie dès le Moyen Âge. Christian Biet, Yves Citton et Martial Poirson ont également interrogé les frontières entre l’économie et les textes littéraires entre le xviie et le xixe siècles[6].

En second lieu, cette journée d’étude a pour ambition d’embrasser une large période chronologique, qui s’étendra du xiie au xviie siècle, réunissant le Moyen Âge et la période moderne, généralement traités séparément. Si la majeure partie des écrits viatiques médiévaux qui nous sont parvenus proviennent de pèlerins et de missionnaires, certains marchands, à l’instar du célèbre Marco Polo, ont également pu laisser à la postérité des récits ou des traces écrites de leurs voyages. En outre, le xie et le xiie siècles sont marqués par un essor démographique et urbain important en Occident et par le développement de pôles et d’acteurs majeurs (Venise, Gênes, la ligue hanséatique…) dans le commerce international. D’un point de vue linguistique et littéraire, le tournant du xiie au xiiie siècle peut être intéressant car il mène, selon Friedrich Wolfzettel, à l’émergence d’« un discours du voyageur autonome[7] », notamment du fait de « l’appropriation intellectuelle de l’Asie[8] ».

L’élargissement du territoire des échanges consécutif de la découverte du Nouveau Monde – où se développent par exemple la traite du bois de brésil, de morue et de queues de castors au début du xvie siècle – et l’inflation constante de la production de la littérature viatique tout au long du xviie siècle[9] justifient la prise en compte de la première modernité dans le champ de notre étude. Nous retiendrons la fin du xviie siècle comme borne chronologique finale, la liquidation de la Compagnie des Indes orientales marquant l’avènement d’une nouvelle ère. En effet, la multiplication de compagnies de commerce privées va de pair avec une accélération et une systématisation des échanges qui marquent le développement de ce que d’aucuns ont qualifié de « protomondialisation[10] » ou de « protocapitalisme[11] ».

Axes de recherche

Axe 1 – Les routes terrestres et maritimes

Cet axe est centré autour de l’émergence ou de l’évolution de voies commerciales compte tenu de divers événements historiques, politiques voire religieux. Par exemple, après la prise de Saint-Jean d’Acre, certains voyageurs occidentaux, contraints de traverser des pays musulmans, ont dû avoir recours à des pratiques de dissimulation, comme le fait de prendre l’habit étranger. Juste Lipse, dans sa lettre à Philippe de Lannoy, érigera d’ailleurs en principe fondamental du voyage le fait de masquer son identité pour se déplacer en dehors de son pays[12]. Le développement de voies maritimes a également pu être considéré comme une solution de contournement des voies terrestres. Il s’agira donc d’envisager ces deux types de voies (terrestres et maritimes) et de voir ce qu’elles impliquent en termes de choix stratégiques et d’enjeux. Il conviendra aussi d’analyser les propos des marchands sur la praticabilité des différentes voies et sur les dimensions concrètes liées aux trajets empruntés : conditions de passage des frontières, droits de douane, passeports et laissez-passer, ou encore nécessité de déguisements, voire de réinvention de soi. Les voies maritimes nous permettront aussi d’inclure dans l’analyse le commerce avec l’Amérique.

Axe 2 – La circulation de denrées et d’objets

Des études pourront être menées sur la circulation des objets entre les différentes aires géographiques. Il s’agira alors de s’intéresser à la nature des produits acheminés et vendus (pierres précieuses, soies, épices, drogues, aliments…) et d’analyser les spécificités du commerce lié à la vente de tel ou tel objet. Le commerce de matières ou de denrées particulières sous-tend en outre le développement de toute une économie locale (la recherche de diamants en Inde orientale, la culture du sucre aux Antilles…), qu’il sera intéressant d’étudier. Des analyses pourront également être consacrées à la manne économique qu’a pu représenter le commerce international pour les marchands voyageurs et pour les personnes avec qui ils ont fait affaire. L’adoption de nouvelles habitudes de consommation ou le développement de nouveaux métiers impliqués par les circulations de denrées et d’objets pourront aussi être abordés.

Axe 3 – Les réseaux et comptoirs commerciaux

En lien avec les axes 1 et 2, cet axe envisage la création et l’évolution de réseaux commerciaux, plus ou moins spécifiques : réseaux pour la vente d’épices, de soieries, d’animaux. Ainsi, dans le Devisement du monde, Marco Polo évoque par exemple l’export de chevaux arabes depuis la Perse vers l’Inde ou l’océan Indien. De même, Jacques Cartier et, plus tard, Marc Lescarbot font référence à un réseau établi pour la traite du castor et de la morue en Amérique dès le début du xvie siècle. La mise en place du réseau de la traite d’esclaves pourra également faire l’objet d’une étude. Enfin, l’intégration de comptoirs commerciaux au sein des réseaux et la pérennité de ces derniers pourront être analysés.

Axe 4 – Les négociations, échanges et monnaies

Les voyageurs marchands ont nécessairement été confrontés à la question de la conversion et de la monétisation. Dans le Devisement du monde, par exemple, Marco Polo indique plusieurs fois la valeur d’un objet dans une monnaie italienne (le besan d’or, le florin d’or, le marc d’argent…) afin d’offrir à son lecteur la possibilité d’évaluer le marché en Orient. Il explique également à ce dernier le fonctionnement de la monnaie de papier dans l’Empire du Grand Khan ou encore un système de monnaie locale à base de coquillages blancs, dans le Yunnan. Jean-Baptiste Tavernier, quant à lui, insère dans son récit de très nombreuses planches représentant les monnaies des pays d’Orient dans lesquels il commerce. Une attention toute particulière peut ainsi être portée par les commerçants aux monnaies locales et aux pratiques d’échanges et de négociations.

Axe 5 – La condition et l’éthos du voyageur marchand

Cet axe propose d’étudier plus spécifiquement la figure du voyageur marchand, ses pratiques et ses valeurs, en s’attachant à la spécificité de l’expérience marchande en voyage, qui nécessite par exemple le recours à des truchements ou l’apprentissage de langues étrangères. Par ailleurs, en tant que personnes intermédiaires entre plusieurs civilisations, les marchands voyageurs bénéficient parfois de régimes d’exception pour franchir des barrières géographiques, mais aussi civilisationnelles et sociales. En outre, il pourra être intéressant de questionner la représentation que le voyageur fait de son expérience marchande, en restituant notamment certaines scènes de négociation, élaborant dans le récit un éthos de marchand. Ce récit d’activité marchande peut également prendre des allures d’art de marchander dans lequel le voyageur dispense aux futurs voyageurs des conseils pratiques à mettre en œuvre. Enfin, pourront être interrogées les valeurs associées à cette activité marchande, comme celle du profit, et leur compatibilité avec les axiologies catholiques et protestantes.

D’autres réflexions pourront venir étayer les axes de recherche de cette problématique.

Modalités de participation

Les propositions de communication d’environ 300 mots accompagnées d’une brève biobibliographie sont à envoyer aux organisatrices avant le 1er février 2024.

Mathilde MOUGIN, mathilde.mougin@univ-amu.fr

Priscilla MOURGUES, priscilla.mourgues@gmail.com

Modalités de prise en charge

Le logement et le repas du midi seront financés par l’organisation, les frais de transport seront laissés à la charge des équipes de recherche des participant.e.s.

Comité scientifique

Christine Gadrat-Ouerfelli (CNRS)

Danièle James-Raoul (Université Bordeaux Montaigne)

Olivier Raveux (CNRS)

Sylvie Requemora (Aix Marseille université)


[1] Voir par exemple le manuscrit du récit du voyage que Tavernier fait à Berlin: « Récit succint du voyage que moy Tavernier ay fait partant de Paris le 19 avril 1684. Pour aller aupres de son Altesse Electorale de Brandebourg A Berlin », Aix-en Provence, Bibliothèque Méjanes, Ms. 1045.

[2] Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, xve-xviiie siècle. Tome 2, Les Jeux de l’échange, Paris, Armand Colin, 1980.

[3] Albrecht Burkardt, Gilles Bertrand et Yves Krumenacker (dir.), Commerce, voyage et expérience religieuse : xvie-xviiie siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007.

[4] Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, L’Épicerie du monde, Paris, Fayard, 2022 ; Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, Le Magasin du monde, Paris, Fayard, 2020. Voir également Christophe Bouneau et Michel Figeac (dir..), Circulation, métissage et culture matérielle (xvie-xxe siècles), Paris, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », 2017 ou encore Ariane Fennetaux, Anne Marie Miller Blaise et Nancy Oddo (dir.), Objets nomades, Turnhout, Brepols, 2021.

[5] Ҫınla Akdere et Christine Baron, Economics and Literature, A Comparative and Interdisciplinary Approach, London, Routledge, 2018.

[6] Voir par exemple Christian Biet, Yves Citton et Martial Poirson, Les Frontières littéraires de l’économie (xviie-xixe siècles), Paris, Éditions Desjonquères, 2008.

[7] Friedrich Wolfzettel, Le Discours du voyageur, Paris, PUF, 1996, p. 121.

[8] Ibid, p. 121.

[9] Pierre Martino explique qu’« aux environs de 1660, le nombre des relations de voyage doubla tout à coup, et que la faveur du public pour ce genre de livres ne fit que croître ensuite », Pierre Martino, L’Orient dans la littérature française au 17e siècle et au 18e siècle, Genève, Slatkine, [1906] 1970, p. 53.

[10] François Chaubet, « Histoire des mondialisations avant 1820-1840 : mondialisation archaïque et protomondialisation », François Chaubet (éd.), La mondialisation culturelle, Presses Universitaires de France, 2018, p. 9-31.

[11] Roland Pfefferkorn, « Une remontée dans le temps aux sources du capitalisme. Sur Le Premier Âge du capitalisme (1415-1763) d’Alain Bihr », La Pensée, vol. 400, n. 4, 2019, p. 113-121.

[12] « Fay moy le Cretois parmi les Cretois »,art Juste Lipse, « Lettre de Juste Lipse à Philippe de Lannoy du 3 avril 1578 (De Ratione cum fructu peregrinandi), traduite par Anthoine Brun à Lyon (1619) », dans Normand Doiron (éd.), L’art de voyager : le déplacement à l’époque classique, art. cit., p. 215.

Voies, routes et chemins

Appel à communications:

Questes a l’immense plaisir de partager l’appel à communication pour le prochain séminaire portant sur le thème « Voies, routes et chemins » organisé par Donatien Guégan, Charlotte Guionneau et Flavie Simiz.

« Il ne tint qu’a vostre perisse,

Dont il fault que l’ame perisse,

Quant du bon chemin hors se boute

Et qu’il ne tient la droicte route

Et le sentier espiritable

De la grant joie pardurable [1]»

Dans son « Miroir de mariage », le poète Eustache Deschamps († 1404-1405) manie avec adresse l’ambiguïté sémantique des termes routes, voies et chemins : au Moyen Âge, ce sont par des voies bien diverses que se déversent des flots d’étrangers dans les campagnes du royaume de France. D’abord, bien entendu, par les voies terrestres, qui serpentent au-dessus des montagnes, au fond des vallées ; mais aussi par les voies fluviales qui sillonnent avec aisance entre les accidents du territoire, descendues avec le courant et remontées avec des bêtes par les chemins de halage ; ou encore par les voies maritimes qui longent les côtes ou traversent les espaces marins, menant jusqu’à la Manche ou la Méditerranée. La route médiévale prend de multiples formes et transforme tout type d’espace, y compris les plus inhospitaliers, en un lieu de fréquentation humaine.

Évoquant la paresse, ennemie du voyageur, Eustache Deschamps a donc bien conscience des efforts consentis par les hommes et les femmes qui prennent la route, mais aussi des efforts de ceux qui font la route, l’entretiennent, la gardent ou la convoitent. Cette paresse ennemie, c’est celle que ne connaissent pas les marchands lombards et leurs cinquante ânes chargés de chaudrons en étain qui passent les Alpes pour les foires chaudes au péage savoyard de Montmélian ; c’est celle que disent combattre les urbains du nord de la France ou de l’Italie quand essaime le mouvement des flagellants en 1349. Car traversant villes et campagnes, entre les arbres ombragés, l’air frais et le sol caillouteux, le voyageur abandonne ses paysages visuels, sonores et olfactifs connus pour se glisser dans la peau d’un homme autre, un homme « en mouvement », détaché pour un temps d’un quotidien marqué par des mobilités de courtes distances et par la fréquentation de lieux et de temporalités connus[2]. Emprunter la route, au Moyen Âge, c’est accepter une remise en question complète de ses habitudes, adopter un mode de vie contraint par les aléas des grands chemins, voire se mettre ouvertement en danger – par manque de nourriture, difficultés d’orientation ; en raison de la qualité variable des voies empruntées, des frais importants dus aux différentes taxes et nombreux péages ; de la présence inquiétante de brigands et de vagabonds ; et plus largement par l’implication d’une confrontation à un « autre », qui s’exprime par un parler différent et utilise d’autres monnaies et d’autres objets du quotidien. En conséquence, des espaces d’intersection entre ces différentes réalités se construisent pour pallier ces difficultés : les étapes de voyageurs se succèdent, et, avec elles, réseaux d’hospitalités, auberges douteuses et hôtels de compatriotes.

La route dicte sa loi – et cette loi dessine une dimension particulière et distincte pour les hommes et les espaces, privés ou publics, qui se plient à son joug. Plus les espaces se quadrillent de voies, de routes et de chemins, plus les mondes médiévaux se transforment et esquissent un monde constamment articulé autour du  mouvement, des mobilités et de la question épineuse des voies de communication : comment et quand les construire ? par qui ? à qui appartiennent-elles ? comment les entretenir – matériellement et financièrement ? qu’est-ce qu’une route, une voie, un chemin ? qu’est-ce qu’ « emprunter la route » et se mesurer à un quotidien autre, bercé d’odeurs, de sensations et de sons parfois très différents de l’ordinaire ? Car derrière l’aspect crucial et d’abord platement matériel de la route, de son financement et des matériaux qu’elle nécessite, s’esquisse le voyageur, dont le vêtement, les habitudes, le mode de vie et le ressenti sont forgés par la toute-puissance de la route, créant par cela une véritable « identité » du voyageur, de l’homme en mouvement – on croise sur les chemins marchands, pèlerins, chevaliers en route vers un tournoi, combattants nombreux et bruyants, mercenaires, soldats de l’ost ; mais aussi diplomates passant d’un espace à un autre afin de négocier un traité[3], clercs sur le chemin des conciles[4], ou même des rois en itinérance sillonnant les territoires pour mieux se les approprier[5]. Cette identité, elle peut être de langue, dépassant les royaumes, et l’on reste français à Chypre ou en Irlande, de même que l’on est étranger à vingt lieues de chez soi[6]. Emprunter la route transforme tout homme et toute femme en confrontant un regard propre à une faune, une flore ou des modes d’habiter parfois diamétralement opposés à ce qu’il ou elle connaît. Cette nébuleuse d’hommes et de femmes en mouvement s’articule étroitement avec des problématiques de puissance et des dynamiques profondément concurrentielles entre les groupes et les individus : quiconque contrôle la route contrôle le territoire dont elle dépend, une donnée cruciale dans un Moyen Âge traversé par la lente émergence de l’État ; quiconque trace la route sur une carte ou à travers les broussailles s’approprie un espace parfois rétif à la mainmise humaine.

            La construction, l’entretien puis l’emprunt des différentes voies de communication par une multitude d’acteurs parfois marqués par une forte émulation représente donc le premier des axes que pourront explorer les participants du séminaire au cours de leur intervention ; un second sens s’y greffe, bien plus allégorique : dans un monde aussi fortement marqué par une approche « textuelle » du réel, c’est-à-dire qui tend à lire les réalités des temps matériels comme allégorie de celles des temps spirituels, la route se pare d’une myriade d’interprétations et de sens différents[7]. La voie terrestre entraîne ceux qui la foulent vers une seconde voie, cette fois spirituelle, ce qui contribue à fonder une véritable anthropologie de la route : la route « fait » celui qui l’emprunte. Elle est initiatique et fait office de rite de passage pour les jeunes chevaliers : comment obtenir la maturité et la pureté de cœur nécessaires à l’adoubement d’un bon chevalier, sans avoir été formé par l’action de la route ? Qu’est-ce, pour les étudiants, que la peregrinatio academica, c’est-à-dire le fait de passer d’un lieu d’étude à un autre, et d’expérimenter la liberté et l’insouciance qu’offre un espace soumis à d’autres règles que les espaces du quotidien ? Enfin, comment se construit la peregrinatio Dei, la marche vers Dieu et le Salut pour tout chrétien de l’Occident médiéval, qui prend la forme du pèlerinage – le chemin parcouru physiquement faisant office de symbole du chemin de pénitence parcouru par l’âme du pécheur[8] ? La route de la Terre Sainte, ce « sentier espiritable » dont parle Eustache Deschamps, est d’abord un chemin de rédemption. Routes et chemins deviennent alors une composante indispensable à l’élaboration d’un système de pensée et d’un imaginaire particuliers – vivre, est-ce emprunter le chemin tracé par Dieu pour tout homme ? Dans cette perspective, toute vie, dans la Chrétienté, est conçue comme un itinéraire spirituel mené, à la fois individuellement et collectivement, par chacun et chacune dans l’espoir d’emprunter la route du Salut. La route s’esquisse alors à la fois comme un lieu concret, avec ses caractéristiques matérielles et son mode d’habiter propres, un espace de transit et de connexion entre deux espaces concrets et le fondement-même de toute existence humaine. Il s’agit de questionner cette polysémie sémantique et de répondre à l’interrogation suivante : en quoi les routes, voies et chemins se distinguent-ils comme un espace particulier ?  

Ce séminaire se voulant pluridisciplinaire, les participants seront enfin invités à considérer les routes, voies et chemins dans leurs représentations, et les questions plus spécifiquement littéraires ou artistiques que posent ces dernières. A l’étude historique de la matérialité des routes, on pourra ainsi adjoindre la question des moyens de leur représentation. Les routes, voies et chemins font avant tout le lien entre deux espaces géographiquement et socialement définis : sont-ils aussi des lieux en soi, supports d’invention et dignes de description et figuration ? Quel vocabulaire, quelles techniques sont employés pour les évoquer ? Comment sont transcrites, à l’écrit ou picturalement, les sensations du voyageur, et comment lui-même est-il décrit ? On pourra se demander, plus largement, comment la mention des routes (ou leur absence), ainsi que les moyens de transports qui y sont utilisés, structure l’imaginaire géographique des œuvres, et le rapport à l’espace qu’elles traduisent : ainsi la nef enchantée qui conduit Partonopeu de Blois à la fée Melior, dans l’empire byzantin, offre-t-elle peut-être une alternative fictionnelle et compensatoire à la longue route semée d’embûches qui conduit les croisés vers l’Orient, et dont la Conquête de Constantinople de Robert de Clari donnera un aperçu quelques décennies plus tard (encore aurait-on pu attendre, dans cette dernière, une description plus fournie du voyage accompli !). Sur toutes ces questions, les apports de la « géocritique », qui a donné lieu à de nombreuses études en littérature depuis la fin des années 1990, se montreront utiles.

« Leurs préparatifs achevés, les deux frères prirent la route avec les messagers d’Alau. Ils chevauchèrent une année entière, par vent du Nord et par vent Grec, avant d’atteindre leur but. En chemin, ils virent bien des merveilles et découvrirent bien des choses singulières. »[9]

La route, qui est le lieu par excellence du décloisonnement et favorise par-là toutes sortes de péripéties, traverse par ailleurs, et sans surprise, la plupart des genres littéraires médiévaux : l’errance est à la source de l’aventure chevaleresque, les héros des romans idylliques se mettent en route pour échapper à la crise familiale, sociale et politique que déclenche leur amour, les fabliaux trouve dans l’arrivée de voyageurs les ressorts de situations grotesques, la littérature allégorique, rejoignant le deuxième axe évoqué plus haut, utilise abondamment l’image du cheminement… on pourra donc s’interroger – rejoignant là plutôt ce que l’on pourrait appeler « géopoétique »[10] – sur le traitement différencié de la question par chaque genre, ou à l’inverse sur la façon dont l’imaginaire spatial entraîne une codification littéraire. L’étude des rencontres dont les voies de circulation se font le cadre devrait offrir à ce titre des pistes intéressantes : la route, en tant que lien géographique, est aussi un liant social, qui met en rapport des populations cloisonnées ailleurs (voir par exemple le rôle souvent commenté des marchands dans le Guillaume d’Angleterre), ce qui n’est pas sans effet sur l’(in)détermination générique des œuvres. Le même type de questions pourra être posé dans l’art : par un phénomène d’ « artialisation », soit de passage du pays vécu au paysage contemplé[11], la multiplication des représentations de voies de communications contribue par exemple à l’invention du « paysage » dans les œuvres d’ Ambrogio Lorenzetti († 1348) , c’est-à-dire un espace digne d’admiration et source d’émotions paysagères pour le voyageur. La route devient ainsi progressivement un objet de représentation, tout en contribuant sans doute réciproquement à modifier les paradigmes de création littéraire et artistique dans lesquels elle s’inscrit.

           Enfin, les participants pourront s’interroger sur la route, les voies et les chemins comme contextes de production et de diffusion des œuvres littéraires et artistiques. On se rappelle ainsi le mot célèbre de Joseph Bédier qui, s’intéressant aux origines de la chanson de geste dans les Légendes épiques, déclarait qu’« au commencement était la route »… sans revenir sur un débat qui a déjà longtemps occupé la critique, certaines propositions pourront se pencher sur la façon dont l’itinérance a pu jouer sur la production des œuvres, des manuscrits, ainsi que sur les évolutions linguistiques que connaît la période.

Conditions de soumission

Cet appel à communication s’adresse aux étudiantes et étudiants de master et de doctorat ainsi qu’aux jeunes chercheuses et chercheurs en études médiévales, quelle que soit leur discipline. Les propositions de communication, limitées à une demi-page et à une courte bibliographie, seront accompagnées d’une mention du sujet de mémoire et/ou de thèse, et de l’institution de rattachement. Elles devront être envoyées aux organisateurs à questes.routes@gmail.com pour le 13 décembre 2023. Les présentations auxquelles elles donneront lieu dureront vingt minutes et seront exposées au cours de l’une des quatre séances du séminaire, qui se tiendront les 12 janvier, 2 février, 15 mars et 16 avril 2024 à la Maison de la Recherche de la Sorbonne (28 rue Serpente, Paris VIe). Une publication sous forme de recueil d’articles sera ensuite envisagée. Les candidates et candidats devront solliciter leur laboratoire ou leur école doctorale pour la prise en charge des frais de déplacement ; en cas de difficulté pour le transport ou l’hébergement, les personnes concernées peuvent néanmoins écrire aux organisateurs et organisatrices.


[1] Eustache Deschamps, Le Miroir de mariage, c.1385-1403, 236.

[2] L’importance des paysages sonores et du ressenti des hommes médiévaux a été particulièrement traitée dans le recueil suivant : Hablot, L.. et L., Vissiere. (dir. ), Les Paysages sonores du Moyen Âge à la Renaissance, Rennes, PUR, 2016.

[3] Voir par exemple Queller, D., Office of Ambassador, Princeton University Press, 1967 ; Jugie, P., « L’activité diplomatique du cardinal Gui de Boulogne en France au milieu du xive siècle », dans Bibliothèque de l’école des chartes (145, 1), 1987, p. 99-127 ; Charansonnet, A., « Du Berry en Curie, la carrière du cardinal Eudes de Châteauroux (1190 ?-1273) et son reflet dans sa prédication », dans: Revue d’histoire de l’Église de France (t.86, n°216), 2000. p. 5-37

[4]  RAPP, F.. « Les synodes diocésains en France au Moyen Âge », dans Conciles provinciaux et synodes diocésains du concile de Trente à la Révolution française : Défis ecclésiaux et enjeux politiques ?, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 2010. ; MÉHU, D., « Réflexions pour une analyse structurelle du voyage pontifical aux xie et xiie siècles », dans Des sociétés en mouvement. Migrations et mobilité au Moyen Âge : XLe Congrès de la SHMESP (Nice, juin 2009), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2010

[5] Bove, B., Salamagne, A. et C. Zum Kolk (dir.). L’Itinérance de la cour en France et en Europe : Moyen Âge – xixe siècle, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2021.

[6] Dutour, T., La France hors la France. L’identité avant la nation, xiie-xve siècle,. Paris, Vendémiaire, 2022.

[7] Ce sens allégorique est d’abord d’origine biblique : « Préparez les chemins du Seigneur, rendez droit les sentiers, tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline sera abaissée, les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis… » (Lc 3, 4-6).

[8] Ả l’image, par exemple, du Pèlerinage de l’âme de Guillaume de Digulleville.

[9] Marco Polo, Livre des Merveilles du Monde, éd. critique de François Avril et Marie-Hélène Tesniere, Renaissance du Livre, Tournai, 1999, p.10.

[10] Pour les différentes façons d’appréhender l’espace en littérature, voir la typologie que fait Michel Collot dans Collot, M., « Pour une géographie littéraire », dans Kremer, N. (dir.), Le Partage des disciplines, Fabula-LhT (8), 2011 [en ligne : https://fabula.org/lht/8/collot.html (dernière consultation: le 05 Octobre 2023)].

[11] Briffaud, S., « De l’invention” du paysage. Pour une lecture critique des discours contemporains sur l’émergence d’une sensibilité paysagère en Europe. », Compar(a)ison: an international journal of comparative literature, 1998, p. 35-56.

Mobilités et échanges dans l’espace rhéno-mosan

Appel à contribution – Mobilités et échanges dans l’espace rhéno-mosan (IXe-XVe s.) / Mobilität und Austausch zwischen Rhein und Maas (9.-15. Jh.) / Mobility & Interactions in the Meuse-Rhine Region (9th-15th cent.)

Colloque pour jeunes chercheurs, Namur, 10-12 avril 2024

Du royaume de Lothaire II à l’apparition des premières frontières étatiques modernes, l’espace rhéno-mosan fut une zone tangente entre deux grandes aires linguistiques et culturelles. Tensions politiques, courants artistiques et renouveaux spirituels ont continuellement marqué ce vaste territoire d’Utrecht à Bâle, de Cambrai à Cologne et Strasbourg. Après un premier colloque organisé en avril 2022 à l’Université de Trèves, cette deuxième rencontre pluridisciplinaire se donne pour objectif de réunir les doctorants et post-doctorants travaillant sur ce territoire autour de la thématique des mobilités et des échanges.

Les communications pourront par exemple porter sur (1) les interactions et les mobilités humaines ; (2) la diffusion et la réception des textes et des savoirs ; (3) la circulation d’objets d’art ou de biens commerciaux. Face à l’émergence de nouvelles méthodes (notamment numériques) et concepts dans l’étude des espaces, circulations et échanges à l’époque médiévale, nous invitons par ailleurs les participants à mobiliser ces approches afin d’interroger leur pertinence pour cet espace mouvant et multiforme.

Le colloque se tiendra du mercredi 10 au vendredi 12 avril 2024 à l’Université de Namur (Belgique). Les communications et les discussions se feront en français, allemand et anglais. La perspective transfrontalière adoptée veut encourager à dépasser le morcellement historiographique et linguistique souvent imposé par les frontières actuelles pour favoriser le dialogue et créer de nouveaux liens scientifiques.

Les propositions de communication (500 mots maximum) sont à envoyer à Robin Moens (robin.moens@unamur.be) avant le 1er novembre 2023.

Ce colloque est organisé par Bastien Dubuisson (Université du Luxembourg / Université de Namur), Robin Moens (RWTH Aachen University / Université de Namur), Matthias Rozein (Université de Liège) et Eléonore Venturelli (Université catholique de Louvain / Université de Poitiers), avec le soutien du centre ‘Pratiques médiévales de l’écrit’ (PraME) de l’Université de Namur.